Bien que le post-traitement ne puisse pas éliminer complètement les joints à faible désorientation (LAB) établis, des cycles spécifiques de traitement thermique sont la méthode principale pour atténuer leurs effets néfastes. Un traitement de mise en solution à haute température soigneusement conçu, souvent au-dessus de 1300°C pour les superalliages à base de nickel, peut favoriser la restauration et la polygonisation des dislocations. Ce processus permet aux réseaux cristallins déformés près des joints de sous-grains d'annihiler partiellement les dislocations ou de se réarranger en configurations plus stables et de plus basse énergie, réduisant potentiellement l'angle de désorientation des LAB. Il est crucial que cette exposition thermique soit précisément contrôlée pour éviter la fusion naissante ou la précipitation de phases indésirables, ce qui nécessite une connaissance spécifique de l'alliage, en particulier pour les alliages monocristallins avancés.
Le pressage isostatique à chaud (HIP) peut influencer indirectement la stabilité des LAB. En appliquant une température élevée et une pression de gaz isostatique, le HIP ferme efficacement la microporosité de retrait. Cette élimination des cavités réduit les concentrations de contraintes localisées qui peuvent entraîner l'empilement de dislocations et la formation de sous-grains en service. Cependant, le HIP doit être appliqué avec discernement. Un temps ou une température excessifs peuvent fournir l'activation thermique permettant aux LAB de migrer ou même d'évoluer en grains recristallisés, en particulier dans les régions fortement déformées. Par conséquent, les paramètres du HIP sont optimisés pour densifier le matériau sans activer un mouvement substantiel des joints, l'intégrant souvent comme une étape avant le traitement de mise en solution final.
La stratégie la plus efficace est une séquence intégrée d'étapes de post-traitement conçue pour atténuer les défauts. Un protocole typique pour un composé de moulage à la cire perdue sous vide de haute intégrité implique : 1) un cycle HIP initial pour densifier la pièce coulée, 2) un traitement de mise en solution à haute température pour homogénéiser la microstructure et favoriser la restauration, et 3) un traitement de vieillissement multi-étapes pour précipiter les phases de renforcement γ'. Cette séquence vise d'abord à éliminer les pores induisant des contraintes, puis à permettre la restauration du réseau cristallin, et enfin à figer la structure avec des précipités stables. Le contrôle du processus est primordial ; le refroidissement rapide (trempe) après le traitement de mise en solution doit être uniforme pour éviter d'introduire de nouvelles contraintes thermiques qui pourraient créer des LAB supplémentaires.
Valider l'efficacité de ces méthodes de post-traitement nécessite des tests et analyses avancés des matériaux. La diffraction d'électrons rétrodiffusés (EBSD) est essentielle pour cartographier quantitativement les distributions de LAB et les angles de désorientation avant et après traitement. Ces données fournissent une rétroaction cruciale pour affiner les paramètres de traitement thermique et de HIP. Il est crucial de noter que le post-traitement est un outil d'atténuation ; la défense principale contre les LAB reste l'optimisation du processus de solidification directionnelle lui-même. Un post-traitement efficace garantit que les composants avec des LAB acceptables et minimaux peuvent être stabilisés pour un service fiable dans les applications aérospatiales et de production d'énergie.